Visiter le château de Compiègne : dix siècles d'histoire royale et impériale
Avec Versailles et Fontainebleau, Compiègne compte parmi les trois grandes résidences royales et impériales françaises. C'est pourtant la moins connue des trois — et c'est précisément ce qui rend la visite agréable : on y circule sans cohue, dans des appartements dont le décor et le mobilier ont traversé deux siècles presque intacts. Pour les voyageurs qui séjournent dans l'Oise comme pour les Compiégnois qui ne l'ont pas visité depuis l'école, le château mérite qu'on lui consacre une bonne demi-journée.
Des rois de France aux plans de Gabriel
Compiègne reçoit les souverains depuis le haut Moyen Âge : la ville, aux portes d'une immense forêt giboyeuse, a longtemps servi de lieu d'assemblées et de séjours royaux. Vers 1380, Charles V y fait édifier un château dans l'enceinte de la ville. C'est aussi devant Compiègne, pendant le siège de 1430, que Jeanne d'Arc est capturée par les Bourguignons — un épisode que la ville commémore encore.
Le palais que l'on visite aujourd'hui doit toutefois sa silhouette au XVIIIe siècle. Louis XV, qui apprécie les séjours de chasse en forêt de Compiègne, veut remplacer l'édifice médiéval par une résidence moderne : il accepte en 1751 les plans de son premier architecte, Ange-Jacques Gabriel — celui-là même à qui l'on doit le Petit Trianon et la place de la Concorde. Les travaux se poursuivent sous Louis XVI, dans le respect du projet initial, sous la conduite de Le Dreux de La Châtre. Le résultat est le plus vaste palais néoclassique de France, un triangle de pierre claire ouvert sur le parc et la forêt.
Napoléon Ier, Marie-Louise et la renaissance du palais
Vidé de son mobilier à la Révolution, le château renaît sous l'Empire. Le 12 avril 1807, Napoléon Ier ordonne sa remise en état complète. Entre 1808 et 1810, l'architecte Louis-Martin Berthault redistribue les espaces et crée des décors et un mobilier qui comptent parmi les plus aboutis du Premier Empire — la salle à manger de l'Empereur, la galerie de Bal célébrant ses victoires, les appartements de l'Impératrice.
Ce chantier n'a rien d'un hasard de calendrier : c'est à Compiègne que Napoléon accueille en 1810 sa nouvelle épouse, l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche. Pour elle, l'Empereur fait aussi transformer les extérieurs, avec la percée de la spectaculaire allée des Beaux-Monts, qui ouvre depuis les fenêtres du palais une perspective de plusieurs kilomètres jusqu'aux hauteurs de la forêt.
Napoléon III et les « Séries » de Compiègne
Le second âge d'or du château arrive avec le Second Empire. À partir de 1856, Napoléon III et l'impératrice Eugénie en font leur résidence d'automne. Chaque année s'y déroulent les fameuses « Séries » : pendant un mois et demi environ, le couple impérial invite chaque semaine une centaine de convives — écrivains, savants, diplomates, artistes — acheminés depuis Paris par trains spéciaux. Chasses en forêt, bals, comédies de salon : Compiègne devient l'un des lieux les plus courus d'Europe. L'Empereur fait aussi agrandir le palais d'une galerie neuve et lance la construction d'un théâtre impérial, resté inachevé à la chute du régime en 1870.
Cette page d'histoire explique la présence, dans les murs mêmes du palais, du musée du Second Empire, ouvert en 1927. Portraits de la famille impériale, mobilier, souvenirs de la vie de cour : nulle part ailleurs cette période n'est racontée avec autant de matière — logique, puisqu'elle s'est en grande partie écrite ici.
Le musée national de la Voiture, pionnier du genre
L'aile gauche du château réserve une surprise d'un tout autre registre. Inauguré le 1er juillet 1927 à l'initiative du Touring Club de France, le musée national de la Voiture et du Tourisme retrace l'histoire de la locomotion terrestre, des attelages du XVIIIe siècle aux débuts de l'automobile. On y trouve une centaine de voitures hippomobiles — berlines de voyage, chaises de poste, traîneaux —, une collection de cycles et une trentaine d'automobiles des origines.
La vedette du lieu s'appelle la « Jamais Contente » : ce fuseau électrique piloté par Camille Jenatzy fut, en 1899, le premier véhicule au monde à dépasser les 100 km/h. Un pionnier de la vitesse... électrique, ce qui ne manque pas de sel plus d'un siècle plus tard. Pour les familles, ce musée est souvent le moment préféré des enfants.
Préparer sa visite
Quelques repères pratiques, à vérifier sur le site officiel du château avant de venir car ils peuvent évoluer :
- Le château est fermé le mardi, ainsi que le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre.
- L'entrée est gratuite pour les moins de 26 ans et pour tous le premier dimanche du mois.
- Un même billet donne accès aux appartements historiques, au musée du Second Empire et au musée de la Voiture : comptez deux à trois heures pour un tour complet.
- Le parc et le jardin des roses sont en accès libre aux heures d'ouverture, sans billet.
- Le palais se trouve à dix minutes à pied de la gare de Compiègne, elle-même à environ quarante minutes de Paris-Nord en train.
Pour prolonger la journée, la forêt commence littéralement au bout du parc : la montée vers le point de vue des Beaux Monts offre le plus beau regard qui soit sur le palais, et le petit musée de la Figurine historique, près de l'hôtel de ville, complète bien la visite les jours de pluie.
Un atout touristique qui profite à toute la ville
Ce patrimoine n'attire pas que les amateurs d'histoire : week-ends en couple, escapades depuis Paris, visiteurs étrangers sur la route des grandes résidences royales... Compiègne bénéficie d'un flux de voyageurs régulier, qui cherchent des locations bien placées entre gare, château et forêt. Si vous possédez un appartement ou une maison dans le secteur, c'est une demande concrète que vous pouvez capter : notre équipe locale peut faire gérer votre logement à Compiègne de A à Z, et notre simulateur de revenus vous donne en quelques clics une estimation de ce que votre bien pourrait générer en location courte durée.